MB&F relance sa Legacy Machine 1 sous une nouvelle forme, la LM1 EVO, qui associe l’architecture du mouvement original de 2011 au boîtier EVO, plus robuste, de la marque. Le résultat est une montre de 42mm en titane ou en or rose 18 carats, épaisse de 16,8mm et mesurant 52mm de corne à corne, construite autour du même balancier suspendu de 14mm et des deux affichages horaires indépendants qui définissaient la LM1 originelle, désormais logés dans un boîtier conçu pour un port quotidien réel plutôt que pour une manipulation précautionneuse.
La Legacy Machine 1 originelle a été lancée en 2011 comme hommage de Max Büsser à l’horlogerie du XIXe siècle, bâtie autour de chiffres romains, de compteurs laqués et d’un spectaculaire balancier volant suspendu sous un pont cintré. Elle est restée au catalogue pendant six ans avant de se retirer en 2017, sa dernière édition étant logée dans un boîtier en acier de 44mm. La LM1 EVO fait revenir ce mouvement au sein d’une carrure plus compacte et plus résistante, suivant le même traitement EVO que MB&F avait déjà appliqué à la LM Perpetual, à la Split Escapement, à la Sequential, à la 101 et à la Sequential Flyback.
Conception et construction du boîtier
Le concept de boîtier EVO a été conçu pour résister aux chocs, aux coups et à l’exposition à l’eau, d’une manière que les boîtiers Legacy Machine originels, à vocation habillée, n’étaient jamais destinés à supporter. Sur la LM1 EVO, cela se traduit par un boîtier en titane grade 5 ou en or rose 18 carats muni de deux couronnes vissées, d’un système breveté d’absorption des chocs FlexRing, et d’une étanchéité de 80 mètres. Avec ses 42mm de diamètre et ses 16,8mm d’épaisseur, le boîtier est nettement plus compact que l’original de 44mm, l’épaisseur s’expliquant en grande partie par l’architecture surélevée du cadran et par un verre saphir hyper-bombé au-dessus du cadran, associé à un verre saphir bombé au fond.
Le boîtier sans lunette permet à la courbe prononcée du verre avant de se fondre directement dans le boîtier plutôt que de reposer dans un rehaut surélevé, un détail qui laisse également pénétrer davantage de lumière ambiante jusqu’à la platine du mouvement en dessous. MB&F obtient ce résultat grâce à un procédé de soudure thermique qui fusionne le verre directement dans le métal, ce qui, selon la marque, renforce la solidité structurelle par rapport à un verre serti de façon conventionnelle. Les deux verres saphir bénéficient d’un traitement antireflet sur leurs deux faces.
La modification sans doute la plus pratique pour un usage quotidien est le système de bracelets à changement rapide intégré au boîtier et à la boucle, une première pour les bracelets de la LM1, qui deviennent ainsi interchangeables. Le modèle en titane est livré avec un bracelet caoutchouc noir, tandis que la version en or rose s’accompagne d’un bracelet caoutchouc gris. Il s’agit d’un ajout mécanique modeste, mais qui transforme une montre jusque-là conçue pour un port habillé et précautionneux en un objet que son propriétaire peut reconfigurer selon les jours et les circonstances.
Architecture du mouvement et finitions
À l’intérieur, le calibre à remontage manuel reste celui développé à l’origine avec Jean-François Mojon, toujours doté du balancier suspendu de 14mm qui ancre l’identité visuelle de chaque Legacy Machine. Le balancier oscille délibérément à une fréquence lente de 2,5Hz (18 000 alternances/heure), une cadence que MB&F a toujours privilégiée pour rendre plus facile à observer le mouvement de l’organe réglant. Pour la version EVO, ce balancier intègre désormais un spiral double Straumann, destiné à améliorer la précision et l’isochronisme, et repose sous un pont en titane entièrement redessiné, en remplacement du montage d’origine.

La réserve de marche est passée de 45 heures sur la LM1 originelle à 60 heures sur la version EVO, et l’indicateur lui-même a été redessiné en conséquence. Là où la LM1 originelle employait un mouvement tridimensionnel plus élaboré pour son aiguille de réserve de marche, la version EVO l’affiche sous la forme d’un arc semi-circulaire incliné à 6 heures, un indicateur plus plat et visuellement plus sobre que celui qu’il remplace. L’affichage du double fuseau horaire est repris sans changement de principe: deux cadrans indépendants sur 12 heures, chacun doté de sa propre couronne de réglage, permettant au porteur de suivre deux fuseaux horaires à la minute près.
Les finitions suivent les techniques de style XIXe siècle spécifiées par Kari Voutilainen, notamment des chatons en or à vis noyées polies, des côtes de Genève, des anglages polis à angles intérieurs et une gravure réalisée à la main, désormais mises en valeur sur des ponts traités NAC plus sombres plutôt que sur les tons plus clairs de l’exécution précédente. Le mouvement est visible à travers le fond saphir, et les signatures qui y figurent ont été simplifiées pour ne mentionner que les patronymes Mojon et Voutilainen.
Deux configurations
MB&F propose la LM1 EVO en deux versions. Le modèle en titane associe une platine de cadran plaquée rhodium à des compteurs noirs grainés et à des aiguilles bleues à pointe en flèche traitées à la matière luminescente, portées sur un bracelet caoutchouc noir. La version en or rose, limitée à 33 exemplaires, adopte une platine de cadran verte avec les mêmes compteurs noirs et des aiguilles ton or dotées d’inserts luminescents, montée sur un bracelet caoutchouc gris assorti.
Pour une montre dont le mouvement sous-jacent porte l’identité Legacy Machine de MB&F depuis plus d’une décennie, le traitement du boîtier EVO ne réécrit pas cette architecture, il la cuirasse. Les proportions compactes de 42mm, le système de bracelets à changement rapide et l’étanchéité de 80 mètres font sortir la LM1 de la vitrine pour la faire entrer au poignet, comme une montre destinée à traverser les journées ordinaires, et non plus seulement à susciter l’admiration.